Vaccins 12-25 ans : ce que dit la HAS et comment vérifier le carnet
La HAS rappelle les vaccins essentiels entre 12 et 25 ans. Quels rappels vérifier ? HPV, méningocoque, ROR… Le guide complet pour parents d'ados.

Pourquoi la vaccination entre 12 et 25 ans mérite une attention particulière
On associe souvent la vaccination aux premières années de vie : les consultations chez le pédiatre, les petits bras tendus, le carnet de santé qu'on remplit consciencieusement. Mais une fois l'enfance passée, le suivi vaccinal a tendance à s'effacer — et c'est précisément là que le risque s'installe.
La Haute Autorité de Santé (HAS) l'a rappelé à l'occasion de la Semaine européenne de la vaccination (27 avril – 3 mai) : l'adolescence et les premières années de l'âge adulte constituent « un âge clé pour la vaccination ». Pas par excès de prudence, mais pour des raisons biologiques et sociales très concrètes.
Trois phénomènes se cumulent pendant cette période :
- L'immunité acquise dans l'enfance s'érode progressivement. Certains vaccins nécessitent des rappels pour rester efficaces, et ces rappels sont souvent oubliés ou retardés.
- De nouveaux risques d'exposition apparaissent. Vie en internat, campus universitaire, colocations, premiers voyages, début de la vie intime : l'environnement change radicalement entre 12 et 25 ans.
- Certaines vaccinations sont bien plus efficaces si elles sont réalisées en amont. C'est notamment le cas pour le vaccin HPV, dont l'efficacité est maximale avant toute exposition au virus.
Résultat : un carnet de vaccination non mis à jour à l'adolescence peut laisser un jeune adulte exposé à des maladies pourtant évitables. Et dans un contexte de construction des habitudes de santé dès le plus jeune âge, c'est une fenêtre d'opportunité à ne pas manquer.
Le calendrier vaccinal des 12-25 ans : les rappels à vérifier en priorité
Pas besoin d'être médecin pour faire un premier bilan. Il suffit de retrouver le carnet de vaccination — papier ou numérique — et de repérer les éventuels manques. Voici les points de vigilance identifiés par la HAS pour cette tranche d'âge.
Le rappel dTcaP : diphtérie, tétanos, coqueluche, polio
Ce rappel combiné est recommandé entre 11 et 13 ans, puis de nouveau entre 25 et 29 ans. Les intervalles sont souvent mal respectés, notamment chez les adolescents qui ont changé de médecin ou dont le suivi a été irrégulier. La coqueluche, en particulier, peut être sévère chez les nourrissons non encore vaccinés — d'où l'importance de protéger aussi l'entourage d'un nouveau-né.
Le vaccin méningocoque C
Un rappel est recommandé jusqu'à 24 ans révolus si le schéma vaccinal de l'enfance est incomplet. La méningite à méningocoque C peut évoluer très rapidement et touche particulièrement les adolescents et jeunes adultes vivant en collectivité. C'est un vaccin à vérifier impérativement avant une entrée en résidence universitaire ou en internat.
Le vaccin HPV (papillomavirus humains)
C'est l'un des vaccins les plus importants de cette période, et pourtant l'un des moins bien couverts en France. Il est recommandé pour les filles et les garçons jusqu'à 19 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 26 ans selon les situations. Le vaccin HPV protège contre les infections à l'origine de cancers du col de l'utérus, mais aussi de cancers ORL et ano-génitaux chez les deux sexes. En 2023, le taux de couverture vaccinale HPV chez les jeunes filles de 15 ans atteignait environ 50 % en France — un chiffre encore insuffisant pour atteindre l'immunité collective.
L'hépatite B
À vérifier si le schéma de l'enfance est incomplet. Ce vaccin protège contre une infection virale qui peut évoluer vers une hépatite chronique, une cirrhose ou un cancer du foie. Il est particulièrement recommandé avant le début de la vie sexuelle.
Le ROR : rougeole, oreillons, rubéole
Deux doses sont nécessaires pour une protection complète. Or, de nombreux jeunes adultes n'ont reçu qu'une seule dose, notamment ceux nés avant la généralisation du schéma à deux doses. La rougeole circule encore en Europe et peut provoquer des complications graves, y compris chez des adultes en bonne santé.
À retenir : en cas de doute, un médecin généraliste, un pédiatre, ou même un pharmacien peut consulter le carnet et orienter vers les rattrapages nécessaires. Ces rattrapages ne nécessitent pas de reprendre le schéma depuis le début.
Situations qui doivent pousser à vérifier le statut vaccinal sans attendre
Certains moments de vie sont des déclencheurs concrets pour faire le point sur la vaccination. Si votre adolescent ou jeune adulte se trouve dans l'une de ces situations, c'est le moment d'agir :
- Départ à l'étranger prévu (certains pays exigent des vaccinations spécifiques)
- Entrée en internat, résidence universitaire ou colocation (risque accru de méningite, coqueluche)
- Présence d'un nouveau-né dans l'entourage proche (protection des nourrissons non encore vaccinés)
- Entourage vulnérable : personnes âgées, immunodéprimées
- Plaie à risque (vérification du statut tétanos)
- Projet de grossesse à moyen terme (rubéole, coqueluche, varicelle)
Ces situations ne sont pas rares. Et elles coïncident souvent avec des périodes de transition où le suivi médical est moins régulier — ce qui renforce l'importance d'une démarche proactive. Comme on le sait, l'adolescence est une période de grands bouleversements où la santé globale mérite une attention renouvelée.
Comment parler de vaccination à un adolescent ou un jeune adulte sans déclencher de résistance
C'est souvent là que le bât blesse. Un adolescent de 16 ans qui se sent en pleine forme aura du mal à comprendre pourquoi il devrait se faire vacciner. « Je suis en bonne santé, ça ne me concerne pas » : c'est l'une des idées reçues les plus fréquentes chez les jeunes adultes.
Quelques pistes pour aborder le sujet sereinement :
- Éviter la culpabilisation : ce n'est pas une question de négligence passée, mais d'information et d'opportunité.
- Valoriser l'autonomie : à partir de 16 ans, un adolescent peut consentir seul à certains actes médicaux. Lui laisser ce rôle acteur peut lever des résistances.
- Contextualiser avec sa vie réelle : un départ en voyage, une rentrée en fac, un projet de vie — ces éléments concrets parlent davantage qu'un discours général sur la santé publique.
- S'appuyer sur des professionnels : médecin scolaire, médecine préventive universitaire (SUMPPS), pharmacien — autant d'interlocuteurs neutres qui peuvent relayer le message.
Dans une dynamique de parentalité qui protège sans étouffer, la vaccination est un excellent exemple de sujet à aborder en dialogue plutôt qu'en injonction. Et si vous ressentez une pression de bien faire, sachez que vous n'êtes pas seul(e) à naviguer dans ces zones grises de la parentalité.
Où et comment mettre à jour le carnet de vaccination d'un adolescent ou jeune adulte ?
La bonne nouvelle : c'est accessible, souvent gratuit ou remboursé, et rapide. Voici les options concrètes :
- Le médecin généraliste ou le pédiatre : première étape naturelle, il peut faire le bilan complet et prescrire les rattrapages.
- Le pharmacien : depuis 2023, les pharmaciens sont habilités à vacciner les personnes de 11 ans et plus pour de nombreux vaccins du calendrier. Une démarche simple, sans rendez-vous médical préalable.
- Les centres de vaccination : accessibles sans ordonnance pour certains vaccins, souvent gratuits.
- La médecine préventive universitaire (SUMPPS) : pour les étudiants, c'est un accès souvent méconnu mais très pratique.
- Le carnet de santé numérique : il permet de retrouver l'historique vaccinal et de repérer les manques, y compris si le carnet papier est introuvable.
Si vous prévoyez un voyage en famille, c'est aussi l'occasion idéale de faire le point sur les vaccinations spécifiques à la destination.
FAQ : vos questions sur les vaccins entre 12 et 25 ans
Mon adolescent a raté un rappel vaccinal. Doit-il tout recommencer depuis le début ?
Non. C'est l'une des bonnes nouvelles de la vaccination : les schémas incomplets sont rattrapables sans reprise à zéro. Le médecin ou le pharmacien évaluera les doses manquantes et proposera un rattrapage adapté. Il n'y a aucune raison de culpabiliser ni de s'inquiéter outre mesure.
Le vaccin HPV est-il vraiment utile pour les garçons ?
Absolument. Le vaccin HPV protège contre des cancers qui touchent les deux sexes : cancers de l'oropharynx, cancers ano-génitaux, condylomes. Depuis 2021, il est recommandé pour tous les garçons jusqu'à 19 ans en France, avec rattrapage possible jusqu'à 26 ans dans certains cas. La HAS insiste sur ce point car la couverture vaccinale chez les garçons reste encore trop faible.
À partir de quel âge un adolescent peut-il se faire vacciner sans l'accord de ses parents ?
En France, à partir de 16 ans, un adolescent peut consentir seul à certains actes médicaux, dont la vaccination. En dessous de cet âge, le consentement parental est nécessaire. Certains dispositifs spécifiques (comme la vaccination HPV en milieu scolaire) prévoient des modalités adaptées pour faciliter l'accès.
Comment retrouver le carnet de vaccination de mon enfant s'il est perdu ?
Le carnet de santé numérique, accessible via Mon Espace Santé, peut contenir l'historique vaccinal si les vaccinations ont été enregistrées. Le médecin traitant peut également avoir des traces dans le dossier médical. En dernier recours, des sérologies (analyses de sang) peuvent vérifier l'immunité acquise pour certaines maladies.
Ce qu'il faut retenir : la vaccination, un acte de santé qui dure toute la vie
La vaccination ne s'arrête pas à la sortie de la maternelle. Entre 12 et 25 ans, plusieurs rappels et primo-vaccinations sont recommandés par la HAS — et ils sont souvent oubliés, simplement faute d'information ou de suivi. Pourtant, les enjeux sont réels : protection individuelle, mais aussi protection de l'entourage vulnérable.
La démarche est simple : sortir le carnet de vaccination, identifier les manques, consulter un médecin ou un pharmacien. En quelques semaines, un jeune peut être à jour pour plusieurs années. Et comme pour les rituels qui font du bien au quotidien, prendre soin de sa santé préventive, c'est aussi un acte de bienveillance envers soi-même et ceux qu'on aime.
Action concrète : ce week-end, prenez cinq minutes pour retrouver le carnet de vaccination de votre adolescent. Si vous ne savez pas où il en est, prenez rendez-vous chez votre médecin ou passez en pharmacie. C'est rapide, souvent gratuit, et ça peut faire une vraie différence.
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