Vingt-quatre familles, regroupées au sein du collectif Intox'Alim, ont déposé plainte contre l'État et les fabricants de laits infantiles. Elles dénoncent la contamination de ces produits par la toxine céréulide, qui aurait rendu malades de nombreux nourrissons. Les plaignants exigent une analyse indépendante des laits consommés par leurs enfants.
Points Clés
- 24 familles portent plainte contre l'État et les fabricants de laits infantiles.
- Les laits sont suspectés d'être contaminés par la toxine céréulide.
- Les familles demandent des analyses indépendantes des produits.
- Elles dénoncent l'inaction des autorités et le rôle des fabricants dans les enquêtes.
Une Plainte Collective Contre l'État et les Industriels
Le mardi 10 février 2026, 24 familles ont saisi le tribunal judiciaire de Paris. Leurs accusations portent sur la mise en danger délibérée, le maintien de denrées dangereuses, les blessures involontaires et l'entrave à la manifestation de la vérité. Les parents estiment que les laits infantiles consommés par leurs enfants, qui ont souffert de graves maux et ont parfois été hospitalisés, sont à l'origine de leurs problèmes de santé. Ils réclament que ces poudres soient analysées par un laboratoire indépendant, et non par les fabricants eux-mêmes.
Soupçons sur les Procédures d'Analyse
Plusieurs témoignages font état d'une certaine inertie des autorités face aux signalements des familles. Dans certains cas, les parents auraient été invités à se rapprocher directement du fabricant pour faire analyser les produits. Me Nathalie Goutaland, avocate des plaignants, dénonce cette procédure, soulignant qu'elle place l'industriel, directement concerné, au cœur de l'enquête sanitaire. Elle rappelle que ni le droit européen ni le droit français n'imposent aux fabricants de réaliser ces analyses.
Des Capacités d'Analyse Limitées
Le ministère de l'Agriculture a indiqué que les Directions départementales de la protection des populations (DDPP) sont chargées des enquêtes en cas d'intoxications alimentaires collectives. Cependant, le prélèvement et l'analyse du lait ne sont effectués que dans les cas de symptômes graves nécessitant une hospitalisation. Le ministère précise que les analyses sont généralement réalisées par les exploitants dans des laboratoires adaptés. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) est le seul laboratoire public capable de détecter et quantifier la toxine céréulide, mais ses capacités sont limitées. Les analyses suspectes sont priorisées en fonction des enjeux, et les expertises de l'Anses pour rechercher les causes pourront être menées ultérieurement.
